DÉMARCHE ARTISTIQUE

Ma démarche artistique demeure celle d’une potière. Les étapes de la fabrication d’une poterie sont pour moi la plus belle des métaphores du processus créateur. Il s’agit du travail d’une vie et au fil de l’accumulation de mes expériences avec l’argile, c’est ma propre identité, personnelle et artistique qui se développe.

J’ai fait en 1992 un voyage en Provence où j’ai visité des villages de potiers et de nombreux ateliers de céramique. J’ai été impressionnée d’y découvrir autant de beaux objets céramiques révélant la démarche personnelle de chaque potier et en même temps, et cela, je l’ai fortement ressentie, témoignant de leur pays. À mon retour, j’avais fait mon choix : je serais potière. J’ai alors entrepris une démarche d’apprentissage de la céramique à la fois autodidacte et académique. Je voulais créer des objets qui à travers moi, parleraient de mon pays.

C’est la quête de liberté et la recherche d’équilibre qui m’anime généralement lorsque je crée avec l’argile. Ce matériau me fascine. Il est pour moi aussi vivant que le corps humain. Comme lui, il possède sa mémoire et ses limites. Grâce au contact intime et sensuel que le travail de l’argile procure, je peux improviser des objets inspirés de ma vie quotidienne, de mes souvenirs, de mes nouvelles découvertes, de ma symbolique personnelle. J’aime jouer avec l’argile et ses techniques traditionnelles de fabrication, rechercher et inventer de nouvelles formes. J’aime construire, luter des éléments ensemble : une pièce tournée avec une galette ou un colombin, deux ou trois pièces tournées et/ou façonnées collées ensemble … Les possibilités sont infinies

Mes décors sont inspirés de la nature : les saisons, la forêt boréale, mon environnement. Chaque pièce est minutieusement gravée sur la terre crue et engobée. J’y invente des pictogrammes qui assemblés, alignés et organisés, évoquent des paysages naturels ou urbains. Je crée essentiellement des pièces uniques et de petites séries regroupées en deux collections, celle que j’appelle Feuilles et la collection Boréale.

Novembre 2011